Deuil : prendre soin de soi dans les premiers jours
Les premiers jours qui suivent la perte d’un être cher sont souvent vécus dans un état particulier que le psychiatre Christophe Fauré décrit comme le choc du deuil. Ce mécanisme psychologique, aussi déconcertant soit-il, joue un rôle protecteur essentiel dans notre capacité à traverser l’épreuve.
Le choc : un brouillard nécessaire
Vous vous sentez certainement comme dans une brume épaisse. Les pensées s’embrouillent, la concentration devient quasi impossible, et pourtant, il faut s’occuper de tout : contacter les pompes funèbres, prendre des décisions, répondre aux sollicitations de l’entourage. Ce sentiment d’irréalité n’est pas une faiblesse, c’est ce qu’on appelle le déni – un mécanisme protecteur naturel qui nous permet littéralement de survivre à l’insoutenable.
Chaque matin au réveil, c’est comme si la nouvelle vous frappait à nouveau. Cette incapacité à intégrer pleinement ce qui s’est passé est tout à fait normale. Que le décès ait été attendu ou brutal, le choc reste présent. Même lorsqu’on pensait s’y être préparé, face à la maladie longue d’un proche par exemple, la réalité de la perte nous saisit avec la même violence. Cela peut surprendre, déstabiliser, mais c’est tout à fait normal.
Une indulgence indispensable envers soi-même
Durant ces premiers jours, la priorité est de faire preuve d’une immense indulgence envers vous-même. Votre corps et votre esprit sont en mode survie, et c’est exactement ce dont ils ont besoin.
Revenez aux besoins primaires. Manger et dormir deviennent vos principales missions, quitte à devoir vous forcer un peu. Un repas simple, quelques heures de sommeil – même fragmenté – sont des victoires en soi. Ne vous jugez pas si vous n’avez pas faim ou si le sommeil vous fuit. Faites ce que vous pouvez, un petit pas à la fois.
Si possible, ne prenez aucune grande décision. Ce n’est pas le moment de vendre la maison, de changer de travail ou de prendre des engagements importants. Votre état de choc ne vous permet pas d’évaluer sainement les situations. Ces décisions peuvent attendre la plupart du temps.
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Des petits gestes qui ancrent
Dans ce tourbillon, quelques rituels simples peuvent vous offrir des points d’ancrage :
• Allumer une bougie peut créer un moment de recueillement apaisant
• Une courte marche, si le cœur vous en dit, permet au corps de se délier un peu
• Parler, raconter, répéter l’histoire encore et encore à ceux qui vous écoutent – c’est ainsi que la réalité commence doucement à s’intégrer
• Lire sur le deuil : mettre des mots sur ce que vous vivez aide à normaliser vos ressentis et à faciliter le processus.
Vous n’êtes pas seul
Traverser ces premiers jours dans le brouillard du choc est éprouvant. Si vous sentez le besoin d’un accompagnement, n’hésitez pas à contacter Asnova. Être écouté et soutenu par des professionnels qui comprennent ce que vous vivez peut faire toute la différence dans votre chemin de deuil.
Rappelez-vous : ce que vous ressentez est légitime, votre rythme est le bon, et jour après jour, pas à pas, vous traverserez cette épreuve.