Deuil : pourquoi et comment demander de l’aide

Le processus de deuil est souvent long et éprouvant, nécessitant parfois de puiser des ressources à l’extérieur. Chaque deuil étant unique, le besoin de demander de l’aide ou non peut varier non seulement d’une personne à l’autre, mais aussi au fil du temps. Il est essentiel de respecter les différents besoins et rythmes de chacun dans ce processus. Pour certains, l’aide peut être indispensable, tandis que d’autres trouvent en eux-mêmes les ressources nécessaires pour surmonter leur douleur.

Cet article propose diverses approches pour rechercher et obtenir le soutien approprié, en expliquant où le trouver et pourquoi il peut être crucial de ne pas affronter cette épreuve seul si elle devient trop lourde à porter.

Demander de l’aide lorsqu’on est endeuillé

Lorsqu’on traverse un deuil, accepter l’aide des autres est souvent essentiel mais peut être difficile. Par peur de paraître vulnérable, de faire peser le poids du deuil sur les autres ou de se sentir envahi par un entourage trop présent, il est courant de préférer s’isoler et d’essayer de gérer seul cette douleur immense. Pourtant, l’aide des proches peut fournir un soutien précieux, servant de point de stabilité dans le chaos émotionnel du deuil, facilitant ainsi son processus. 

Le deuil sollicite énormément, que ce soit le corps, les émotions ou l’esprit. Il est normal de ne plus réussir à assumer les mêmes responsabilités qu’auparavant, d’autant plus si la personne décédée en assumait une partie. Avec les bonnes indications, l’entourage peut venir alléger l’une ou l’autre de ces responsabilités, de manière à faciliter le quotidien de la personne endeuillée et lui permettre de dégager davantage de ressources physiques, émotionnelles et mentales pour son deuil et pour elle-même. 

Afin de recevoir une aide qui sera réellement utile, il est essentiel de s’interroger sur ce que l’on peut gérer seul et ce pour quoi on gagnerait à recevoir de l’aide. Cette distinction n’est pas toujours claire et peut être amenée à évoluer et osciller entre le besoin d’être pris en charge et le désir de rester autonome. C’est pourquoi il est important de communiquer aussi clairement que possible ses besoins et ses limites à celles et ceux qui offrent leur soutien, mais aussi de les informer si ces limites changent.  

Cette communication permet d’éviter les malentendus et les frustrations, tant pour la personne en deuil que pour son entourage. En effet, les proches, souvent démunis face à la souffrance, ne savent pas toujours comment aider. Exprimer explicitement ses besoins leur donne des repères sur les attitudes à adopter et les gestes à éviter. Cela peut inclure des choses simples comme le besoin d’être écouté sans recevoir de conseils, ou sur le type d’aide très concrète dont on aurait besoin pour les tâches du quotidien. 

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Une aide professionnelle

Malgré ou en l’absence du soutien de votre entourage, il peut être approprié de se faire aider par des professionnels si vos difficultés deviennent trop lourdes à supporter.

En effet, tout le monde ne bénéficie pas du même réseau de soutien social dans son cercle privé, et cela peut devenir particulièrement apparent et difficile lors d’un deuil. C’est ici que l’aide associative et sociale joue un rôle crucial. Des associations spécialisées telles qu’Asnova, ainsi que des professionnels comme les assistants sociaux, peuvent orienter les personnes endeuillées vers des prestations adaptées qui pourront alléger leur quotidien. Que ce soit en facilitant l’accès à des aides financières, à des services de garde d’enfants, à un soutien au domicile, ou encore à une aide administrative, ces structures veillent à ce que les personnes en deuil puissent bénéficier des solutions auxquelles elles ont droit.

Sur le plan émotionnel, des personnes formées à l’accompagnement peuvent vous aider à naviguer à travers les aspects les plus douloureux de votre deuil.

Il existe deux approches principales : le suivi de deuil et la psychothérapie. Le suivi de deuil, souvent réalisé par des bénévoles formés ou des professionnels spécialisés, offre un espace et des outils pour exprimer vos émotions, valider vos ressentis et favoriser l’évolution de votre processus de deuil. L’accompagnant n’agit pas comme un thérapeute mais comme un facilitateur dans votre propre démarche.

La psychothérapie, quant à elle, est recommandée pour les deuils entravés par certaines complications, où des problèmes psychiques plus profonds doivent être abordés. Un psychothérapeute peut vous aider à travailler sur des aspects spécifiques de votre deuil qui vous empêchent d’avancer. Par exemple, si votre deuil réactive des traumatismes passés ou si des émotions comme la colère, la culpabilité ou la dépression persistent de manière intense et sans amélioration. Un psychothérapeute peut vous aider à naviguer à travers vos émotions et vous fournir des outils pour mieux les gérer.  Il peut également être utile de consulter un psychothérapeute si vous vous sentez isolé, si vous avez des pensées suicidaires ou si vous adoptez des comportements autodestructeurs. N’hésitez pas à chercher ce soutien si vous en ressentez le besoin, car il s’agit déjà d’une raison suffisante pour consulter.

Partager avec d’autres personnes en deuil

Au-delà des proches ou de l’aide de professionnels, recevoir du soutien de la part de personnes ayant également traversé un deuil peut venir compléter et renforcer considérablement un réseau d’aide. Partager ses expériences avec d’autres personnes vivant une situation similaire crée un espace de compréhension mutuelle.

Les groupes de parole, les ateliers ou tout autre moment de partage entre deux ou plusieurs personnes endeuillées sont des occasions de tisser ce réseau d’aide entre pairs, qu’il soit ponctuel ou durable. Les échanges dans ces groupes sont souvent plus riches, car ils se basent sur une expérience commune de la perte. Auprès d’autres personnes endeuillées, parfois, la parole se libère et certains moments de partage parviennent à susciter de l’espoir.

 

En conclusion

En acceptant l’aide des autres, on ne perd pas son autonomie. En identifiant et reconnaissant ses propres limites, on s’ouvre à la possibilité de recevoir du soutien pour mieux avancer. Ce processus nécessite souvent de lutter contre le désir irrésistible de s’isoler et de se montrer fort·e. Au contraire, demander de l’aide est un acte de courage et de sagesse, une reconnaissance lucide de ses propres besoins qui permet de libérer des ressources pour mieux vivre le deuil. Les solutions d’aide sont variées et trouver celles qui vous conviendront au fil de votre cheminement vous permettra de dégager ces ressources supplémentaires.